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Tchangodei est né au Bénin. Famille de neuf enfants. Les ancêtres de cette famille comptent de nombreux musiciens. Et aussi, des " griots ", hommes qui reçoivent une initiation, possèdent des " pouvoirs ", ont rôle de garder et transmettre la tradition. Sa passion pou la musique grandit, devient de plus en plus exigeante. Il passe le plus clair de son temps à écouter des disques. Chaque fois qu'il peut, il s'introduit clandestinement dans un foyer de jeunes, et durant des nuits, joue du piano s'exerce à reproduire les morceaux qu'il aime. Bientôt il en vient à admettre qu'il est musicien. Qu'il sera pianiste. Il se forme tout
seul, sans l'appui ni les conseils de quiconque. Il écoute le plus
grand nombre possible de musiciens : Puis sa préférence se porte sur Cecil Taylor, qui se situe aux antipodes : flux continu de la masse sonore torrentueuse, proliférante gonflée d'une énergie sauvage, tendue, agressive. Tchangodei se sent en profond accord avec cette musique submergeante, qui charrie des tensions, exprime une attitude face à la vie, en lesquelles il se reconnaît. Il pénètre plus en avant en lui-même, s'emploie à réaliser son unité, approfondit sa réflexion sur la musique. Ses intuitions s'affermissent, et sa pensée se donne une assise dont elle recevra désormais assurance, force, sérénité. Il commence à se produire en public, dans des clubs ou en concert. Mais il lui faut encore un long temps avant de pouvoir entrer en dialogue avec d'autres musiciens. A ce jour, il a
gravé une quinzaine de disques. Les premiers, en piano solo. Les
autres, avec des partenaires qui ont nom Steve Lacy, Georges Lewis, Louis
Sclavis, Oliver Johnson, Steve Potts, Archie Shepp. La rencontre de ces
musiciens, sa confrontation à leur musique - notamment celle de
Steve Lacy et de Archie Shepp - a été pour lui source d'enrichissement.
Il voue une particulière admiration à Mal Waldron, un homme
riche de grandes qualités humaines, et qui incarne à ses
yeux l'artiste tel qu'il le conçoit : un être anonyme, vaste,
plein d'amour, qui sait capter la vie et exprimer en un langage adéquat
les émotions qu'il en reçoit.
Pour
dresser un portrait de Tchangodei, Lyon Mag' donne la parole à
l'écrivain et poète lyonnais Charles Juliet : |
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