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C'est aussi une sorte de littérature au delà
du bien et du mal ; en forme de voyage au bout de la nuit avec des alternances
entre accès de rage et spleen à crédit. Autant dire
que Céline ne peut être loin.
Il
n'a jamais appris à jouer de la musique, mais adolescent, chaque
nuit, il escaladait en douce le mur de la maison des jeunes du quartier,
parce que les touches noires et blanches d'un vieux piano droit l'intriguaient.
Pendant des heures, il tapait là-dessus pour que sortent les sons
qui tournaient dans sa tête. Il n'idolâtrait personne, et
ne courait après aucune mélodie définitive.
"
Quand j'avais une vingtaine d'années il m'a été donné
de rencontrer personnellement l'écrivain indien, penseur et philosophe
Krishnamurti. J'ai vu immédiatement que cet homme était
habité par la force et l'énergie.
Cela imprégnait tout son être. Il se dégageait de
lui une unité absolue.
J'ai tout de suite compris que la création ne se situe qu'à
l'intérieur de soi même.
En fait il y a trois instruments ; il y a toi, il y a le piano et il y
a l'énergie.
T u dois bien jouer du premier instruments, beaucoup ne s'intéressent
qu'au deuxième.
C'est le piège : ils ne deviennent alors que des techniciens "
Ce qui ne veut pas dire que la spontanéité soit la mère
des arts, mais que le travail intérieur doit primer.
D'où une musique en transe, qui s'ébroue dans la lumière
puis brusquement se décompose -" Détruire
"
dit-il.
" Parce qu'il est nécessaire d'être dans un état
de parfaite vacuité pour capter cette extraordinaire énergie
qui ne se laisse jamais capturer par le filet de la pensée et du
savoir."
On
aurait pu parler peinture.
C'est aussi une histoire d'espace et de couleur après tout
Mais il a préféré se fondre dans la foule après
avoir cité une phrase du saxophoniste Steve Lacy
" Aujourd'hui on essaye de tout apprivoiser pour éviter le
mystère parce que cela fait peur".
Yann
Plougastel
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